C.R.A.B

Association Loi du 1 er Juillet 1901, déclarée en Préfecture de La Rochelle le 17 Novembre 2004, parution au Journal officiel du 11 Décembre 2004 »

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      Le vin à travers le cinéma
                           par François VANDERVEKEN


Faisant appel aux arts majeurs, le cinéma est un art de synthèse,
un opéra à lui tout seul.

Il fait appel à la peinture bien évidemment, par la composition du cadre et par le soin porté à la lumière; à la sculpture parfois, notamment par la gestuelle du comédien; à l’architecture par la réalisation et la stylistique des décors; à la littérature essentiellement, par la structure du récit et par la saveur des dialogues; et à la musique enfin, en contrepoint dramatique.

Dans une première approche, par son mode de diffusion, le film parle à la vue et à l’ouïe. Aussi, de par sa nature physique, le septième art demeure impuissant à rendre l’odorat et le goût.

Alors, malgré cet handicap naturel à transmettre le sensoriel gustatif, pourquoi traiter ce thème de la dégustation du vin si le relief reste désespérément sans chair ?
Et pour autant, le cinéma ne recueille-t-il que l'écume du monde des visibles ?

Le cinéma met bien des fois l’eau à la bouche. Dans quel film les protagonistes, à un moment ou l’autre du récit, ne se mettent-ils pas à table ? Qui n’a pas eu envie de manger des sushis après avoir vu le film « L’Empire des Sens » (Nagisa Oshima, 1976) ? … Un couscous après « Lawrence d’Arabie » (David Lean, 1962), une soupe à la tortue après « Le Festin de Babette » (Gabriel Axel, 1987), l’omelette du Père Poulain d’ « Une Partie de Campagne » (Jean Renoir, 1936), la salade de pommes de terre de « La Règle du Jeu » (Jean Renoir, 1939), le gigot d’agneau de « Vincent, François, Paul et les Autres » (Claude Sautet, 1974) ... voire le beurre du « Dernier Tango à Paris » (Bernardo Bertolucci, 1972).

Si c’est au fond du lit que l’on construit le monde (si vous voyez ce que je veux dire), c’est bien souvent autour d’une table que l’on se dit les choses qui comptent. Mais à la fin du repas, c’est en comptant les verres vides qu’on imagine si l’on est parvenu à atteindre un incommensurable moment de vérité. La représentation de ces moments, au cinéma, nous rend bien cette quête de l’inaccessible étoile.

Le vin éveille les sens des bourgeois qui boivent par plaisir,
comme laissent apparaître les dégustations de Porto dans
" Le Schpountz " (Marcel Pagnol, 1937) et dans
" Le Charme Discret de la Bourgeoisie " (Luis Bunuel, 1972).

Le Château Margaux est servi de la même façon et en
toute circonstance dans « Mado » (Claude Sautet, 1976).

La boisson noble stimule l’intelligence de l’écrivain de
« Providence » (Alain Resnais, 1976), et des policiers
des « Innocents aux mains Sales » (Claude Chabrol, 1974)
ou de « Poulet au Vinaigre » (Claude Chabrol, 1984).

Mais toute médaille a son revers: outre les frasques
sympathiques des comédies burlesques représentant
la France telle qu’elle peut aussi être, l’homme consomme
mal à la recherche parfois d’effets psychotropes, et
offre un point commun aux ouvriers du 19ème .

                                                

Le vin dans la cuisine
Brève histoire du vin : de son origine à nos jours Tonneaux et barriques
Le service du vin
L'ampelographie
Les étiquettes du vin
Apprentissage de la dégustation
Le vin à travers le cinéma

Avant-propos
                     L'accusé                                                  Le lieu du crime         
   Le mobile et le déroulement psychologique
Conclusions                                             Sources   
La femme libérée des Trente Glorieuses prend aussi aux hommes leur place et leurs vices, tel le rôle fragile qu’incarne Romy Schneider dans « Mado » (Claude Sautet, 1976).

Me référant aux séquences bachiques donc, je m’appliquerai à formuler mon exposé autour de trois axes de la composante dramatique: l’accusé, le lieu du crime et enfin, son mobile et le déroulement psychologique. Je commence.