C.R.A.B
Association Loi du 1 er Juillet 1901, déclarée en Préfecture
de La Rochelle le 17 Novembre 2004, parution au Journal officiel du 11 Décembre
2004 »
Club Rochelais
des Amis de Bacchus
« L’abus d’alcool
est dangereux, à consommer avec modération . »
Toute information sur des services ou produits visant à rendre compatible
la dégustation des vins et la sécurité (notamment routière)
est encouragée.
graphisme du site par Julie
LUCAS © Webmaster David CHARIER
Le vin à
travers le cinéma
par
François VANDERVEKEN
Le lieu du Crime
Le désir et la satisfaction peuvent porter sur des vins précis;
mais avant tout, il y a le choix du lieu de la dégustation: bien
souvent la cuisine, le restaurant … et la vigne.
"Cuisine et philosophie" avec «
Le Déclin de l’Empire Américain » (Denys
Arcand, 1987)… Quatre amis préparent un repas de fête.
Nos héros sont des intellectuels qui ont connu toutes les idéologies.
Ils ont tous été marxistes, trotskistes, structuralistes, situationnistes...,
et le film s'attaque, une nouvelle fois, à leurs thèmes favoris:
la décadence et les utopies. Dans ce huis clos truculent, le vin fait
bien évidemment partie des joutes oratoires !
Dans « Garçon ! »
(Claude Sautet, 1983) , c’est Maxime qui invite ses amis au restaurant
et qui choisit le lieu. Le commentaire est laconique: "Chez Lasserre";
et ses seuls mots suffisent à donner le ton.
Une fois à table, Maxime a déjà goûté le
vin avec les yeux, simplement en se faisant présenter l’étiquette
du vin. Le choix de l’établissement va de pair avec la convivialité
des invités et, bien sûr, avec la carte des vins.
Autre cène: « Au Petit
Marguery » (Laurent Bénégui, 1995) - titre et lieu
effectif du déroulement du film -. Ce soir, le restaurant ferme ses
portes. Autour d'un dîner d'adieu, Hippolyte, sa femme, leur fils, leurs
amis et quelques bons clients habitués du lieu, fêtent dignement
cet événement qui met fin à trente ans de bons et loyaux
services.
Entre rires et larmes, entre foie gras et magrets, ils sont tous venus pour
dévorer la vie. Le repas est agrémenté de belles bouteilles
qu’ils n’oublieront jamais. Au menu de cette dernière soirée
: une belle pincée de nostalgie, quelques soupçons d'amitié
et une bonne dose d'amour des bonnes choses.
Mais visitons maintenant le vignoble, lieu de prédilection
au ressenti, par l’imagerie déjà qu’il suscite.
Une région bénéficie malgré tout à elle
seule de réputation gastronomique. Ainsi dans «
La Kermesse Héroïque » (Jacques Feyder, 1935), la
femme du bourgmestre a pour plus grande fierté son vin de Bourgogne;
et dans « La Grande Vadrouille »
(Gérard Oury, 1966), c’est dans les Hospices de Beaune qu’un
officier anglais vole une bouteille de vin, lieu culte non insignifiant au
demeurant.
Dans « Conte d’Automne
» (Eric Rohmer, 1998) où nous sommes conviés à
la fête, les vins de la vallée du Rhône sont manifestement
à l’honneur; et la vigne, un lieu expiatoire.
Attentives au pouvoir attractif que peut receler une œuvre
de fiction, les collectivités régionales ont depuis longtemps
encouragé les auteurs à tourner au sein de leur identité
patrimoniale - ici la vigne - dans l'esprit de rapprocher des talents complémentaires
qui embellissent la vie: l’homme de lettres et le viticulteur.
Par l’image bucolique et gastronomique qu’ils
ont rendue du Sud-Ouest dans « Le Bonheur est
dans le Pré » (Etienne Chatiliez, 1995), Michel Serrault
et Eddy Mitchell ont favorisé d’un seul coup le nouvel essor
de cette région du Gers qu’on appelle "la Toscane française",
et l’arrivée des néo-ruraux en quête de bon air
… et de bonne chère.
Petit chef-d'oeuvre à la française exaltant des valeurs qui
sont hélas en voie de disparition, le film revendique une sensualité
sereine et bonhomme dont Eddy Mitchell peut être l’incarnation.
On a déjà parlé de la présence
si fréquente du champagne dans les films policiers, présence
à laquelle l'activité de propagande des maisons de champagne
n'est pas étrangère.
Le CIVC (Vignerons et Maisons de Champagne) a participé
dans les années 1970 au financement de la première série
télévisée des « Arsène
Lupin » produite par Pathé-Cinéma, avec notamment
comme acteurs Georges Descrières et Marthe Keller.
Le champagne était présent dans chaque épisode; à
l'image et dans le dialogue. Ainsi Virlojeux, invité à la table
du préfet de police, s'exclamait: "Ah, du champagne ! La France
sans champagne, ce serait l'Angleterre sans brouillard !"
En collaboration avec la mairie d'Épernay, la Maison
Charles de Cazanove a invité le cinéaste Jean-Pierre Mocky à
tourner « Le Mari de Léon »
(Jean-Pierre Mocky, 1992) dans la capitale du champagne.
Outre l’accueil de l’équipe, c’est toute la promotion
du film que la marque accompagne.
Par des actions de parrainage avec le milieu artistique,
les Maisons champenoises ne veulent pas seulement entretenir ou accroître
leur notoriété. En encourageant le talent et la générosité,
elles souhaitent promouvoir un certain art de vivre, ce fameux "huitième
art".
"L'art est un bien infiniment précieux, un breuvage rafraîchissant",
disait Charles Baudelaire.
Et la vigne est en toute forme artistique, un lieu révélateur,
un terrain en friches où la réflexion sur le vin et le monde
est un appel à l’ordre, un hymne à la sérénité.
Ainsi, sur les coteaux de Pauillac, au Château Pontet
Canet, Hélène (Nathalie Baye) renoue avec la vie dans «
J’ai épousé une Ombre » (Robin Davis, 1983),
et se laisse adopter par une famille où elle trouve chaleur et affection.
Elle va même tomber amoureuse de Pierre (Francis Huster). L’affiche
du film compte également Madeleine Robinson et Guy Tréjean;
c’est dire l’élégance dont s’est attaché
le réalisateur à l’illustration de son récit.
Immanquablement, un désir d'harmonie, de mariage
réussi, finit par s'imposer: l'œuvre créatrice du vigneron
trouve son écho dans celle du cinéaste. Pratiquement tous les
œnologues et analystes s'accordent à admettre la typicité
des crus. Il est donc possible d'harmoniser un type de vin et un type de film
!