




Aux environs de 1860, les frères Simon et Pallade Violet marchands ambulants de leur état, vendent sur les marchés tissus et articles de mercerie. Puis ils s’installent à Thuir, où ils ouvrent un magasin de pièces d’étoffe et de draps. En 1866 désireux de participer à leur façon à la fièvre vinicole qui gagne alors la région thuirinoise, ils achètent une petite cave dans laquelle ils vont s’efforcer d’élaborer un vin apéritif aromatisé au quinquina. Une fois mis en bonbonnes, le produit est commercialisé auprès des pharmaciens, les vertus toniques de cet apéritif le faisant considérer à l’époque comme un médicament.
Cette référence au quinquina, un produit pharmaceutique soumis à des règles plus ou moins strictes, vaut aux frères Violet un procès intenté par l’ordre des pharmaciens de Montpellier. Ils s’aperçoivent alors de la nécessité, de donner un nom à leur produit. Le hasard aidant, les frères Violet auraient porté les yeux sur des coupons d’étoffe traditionnellement référencés avec des lettres.
Ils tombent donc sur les lettres : B.Y.R.R.H, et décident de les adopter pour donner un nom à leur apéritif.
Cela dit, le BYRRH est bien lancé et les résultats dépasseront, toutes les espérances. Pour comprendre un tel succès il faut savoir que le vin fut pendant un siècle considéré comme une boisson hygiénique, et que son association au quinquina en faisait un véritable médicament qui procurait à la fois vigueur physique et plaisir gustatif. D’où la vogue de cette fameuse Quintonine (vendue uniquement en pharmacie ).
Dans une période où naît la lutte antialcoolique, le Docteur Guyot, oppose « le vin naturel, alimentaire et bienfaisant » aux alcools de distillation, comme l’absinthe qui commence à faire des ravages.
Les affiches publicitaires de l’époque proclament que « le vin c’est la santé », avec en toile de fond la bénédiction de la Faculté. Même le grand Pasteur apporte sa contribution à cette promotion.Au XXe siècle, en 1930, le Docteur Georges Cuvier et le Professeur Perrot, titulaire de la chair de médecine à la Faculté de pharmacie de Paris, font reconnaître la vigne comme « plante médicinale ».
Les vins médicinaux ou oenolés sont des préparations pharmaceutiques résultant de l’action dissolvante des vins sur une ou plusieurs substances médicamenteuses, d’origine végétale.Au cours de ce siècle le vin sera de toutes les batailles : de Verdun à la prohibition en passant par la surproduction et la création des AOC, pour finir en apothéose avec le «French Paradox» .
En conclusion : Après cet exposé sur le « vin et la santé » ; je tiens à vous préciser que je n’ai nullement l’intention de me substituer à la médecine traditionnelle et vous déconseille fortement de remplacer un traitement médical par un savant dosage de « grands crus », sauf à obtenir la complicité de votre médecin !.....
Une consommation excessive, est-il nécessaire de le rappeler, a par contre des effets négatifs voire dangereux sur la santé, n’en déplaise au Sieur Rabelais ….. De nos jours, tant que consommation rime avec modération, les bénéfices restent de mise.
Retenons, pour finir, deux citations :Le vin fait moins de victime que la pharmacopée. James de Coquet ;
Il faut aimer le vin comme on aime une femme…..avec passion. G.B.