Une scène biblique
dans une fête vénitienne, le premier miracle
où l’eau est transformée en vin

«Les Noces de Cana »
de Véronèse
Au moyen âge, l’église
avait diabolisé Bacchus ce n’est que sous l’influence
italienne que sculpteurs et peintres magnifient Bacchus
et son cortège, dans des œuvres dont les commandes
sont très souvent passées par des hauts dignitaires
de l’église et des rois.
En 1481, Sixte IV confie à Botticelli
les fresques de la grande chapelle, la famille des Borgia,
fait orner ses appartements de scènes païennes.
Jules II, le pape guerrier, grand buveur……(
ne dit-on pas de lui, dès midi….) « Que
sa béatitude est dans les vignes du Seigneur…
» c’est à sa demande que Léonard
de Vinci peint un extraordinaire Bacchus androgyne au visage
de femme sur un corps d’athlète…
Alphonse II duc de Ferrare commande en
1514 à Giovanni Bellini une « Fête de
Bacchus » que Titien achèvera, Titien peint
aussi en 1523 un « Bacchus et Ariane » et une
« Bacchanale des Adriens » Véronèse
peint lui aussi un « Bacchus » dans un palais
de Venise.
C’est le grand
retour de Bacchus qui inspirera beaucoup de peintres

Le Bacchus de Vélasquez…«
Les ivrognes, ou le triomphe de Bacchus »
Le Bacchus
de Caravage
Un petit Bacchus…
de Guido Reni
Le grand Nicolas
Poussin représente Bacchus faisant couler un ruisseau
de vin de l’île d’Andros dans….
« Grande Bacchanale à la Joueuse de luth »
Nicolas Poussin
voit aussi le vin, dans cette grappe de raisin,
portée par deux hommes qui reviennent de la terre
promise « l’Automne »
« L’Automne » de Giuseppe
Arcimboldo, Une très curieuse interprétation
de la fécondité de l’automne est ici
suggérée par des fruits….. les cheveux
sont représentés en grappe de raisin, la tête
couronnée évoque les représentations
anciennes de Bacchus, le buste est en douelles de tonneau
….le surréalisme n’est pas loin…

La
peinture le vin et l’amour
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Amours, bacchantes, faunes et satyres
oubliés au XVII ème font à nouveau
partie des peintures et décors au XVIII ème.
Tout le monde en demande, les rois, les princes et les nobles…..
mais aussi les parvenus de la finance et du négoce.
Certains peintres, comme Vermeer réaffirme l’entente
de Vénus et Bacchus dans « l’Officier
et la femme rieuse » et « Le gentilhomme et
la dame buvant du vin » il illustre bien l’attente
de l’homme des effets libérateurs du vin sur
la pudeur.
Les peintres Nattier, Boucher, Lancret,
De Troy, peignent des scènes de libertinage aristocratique
fort raffinées où figurent toujours, quelques
bouteilles de vin qui fraîchissent dans des paniers
ou qui roulent, vides, au pied du lit ou du divan.

« L’alliance de
l’amour et du vin » de Jean Marc Nattier
Nicolas Poussin, place les amours de Bacchus et Ariane au
cœur d’une bacchanale orgiaque qu’il commente
ainsi ….
Elle ne perdit rien au Dieu de la vendange
Un buveur, en amour, vaut mieux qu’un conquérant
Dans les « Fêtes satyriques » Claude Gillot
, vers 1730, peint Bacchus et Vénus et l’accompagne
de ces quelques vers….
Le Dieu du vin l’ordonne et l’on voit la bacchante
De satyre effrontée prenant ce jus divin
Pour se montrer obéissante
Lui donner plus d’amour qu’elle n’a pris
de vin.

« La bacchanale à
Andros » de Tiziano Vecellio 1523-1525
La
peinture et le vin du plaisir
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L’art pictural au XVII ème prend diverses formes
avec les Ecoles Flamandes et Hollandaises.
Le verre à pied remplace le gobelet de terre, de
métal (étain) ou précieux (argent et
vermeil). Les peintres vont alors faire apparaître
par transparence le vin clairet ou blanc et jouer sur les
couleurs…
Les verres de Bohême, sont les plus
recherchés car ils révèlent des teintes
irisées du plus bel effet. L’art des natures
mortes et toutes leurs symboliques, fait florès.

« Le jeune dégustateur
» de Philippe Mercier

« La mosca » de
Christian Berentz

« Nature morte avec
verre de vin et coupe » de Pieter Claesz

« L’échiquier
de la vie » de Jean Arrouye
Tous les peintres s’essaieront à
l’art de la nature morte, de scène d’intérieur
au badinage galant et de scènes d’auberges,
prétexte à de joyeuses réunions d’amis
où l’on vide les chopines, en troussant les
servantes….du vin clairet pour l’homme, du vin
blanc pour la femme…
Le vin est tout plaisir au XVIII ème, où au
besoin on se donne soif…..avec du jambon salé…comme
dans « Le déjeuner au jambon » de Nicolas
Lancret.

Ou encore d’huîtres….
comme dans « Le Déjeuner d’huîtres
» de Jean François De Troy (ces deux tableaux
au Musée Condé à Chantilly).
Avec l’arrivée d’Angleterre de la bouteille
solide et résistante à la pression : qui nous
donne ici le bouchon de Champagne qui saute...à la
grande joie des convives…

Le XIX ème voit apparaître
le pique-nique à l’Anglaise….la haute
société et son cortège de mondaines
va pique-niquer aux courses à Longchamp et à
la campagne…avec une débandade de paniers bien
garnis, de verres et de bouteilles de vin…
« Le Déjeuner sur l’herbe » d’Edouard
Manet, qui fit scandale en 1863, avec la femme nue…et
la bouteille vide…
« Le Déjeuner sur l’Herbe » de
Claude Monet plus classique…où les peintres
et leurs modèles boivent et mangent sur une simple
nappe étendue sur l’herbe et lestée
de bouteilles…

« Le déjeuner
sur l’herbe » de Claude Monet
Le Chemin de Fer aidant, c’est la
grande période, où tout ce petit monde se
déplace vers les bords de Seine, Argenteuil …Où,
l’on pique-nique et danse dans les guinguettes.
C’est « Le Déjeuner des canotiers »
d’Auguste Renoir. Il réunira sur la terrasse
de l’Auberge du Père Fournaise tous ses amis
et modèles (au 1er plan à droite se trouve
le peintre Gustave Caillebotte , pour ne pas être
13 sur la toile, Renoir se représente de profil à
côté de son modèle Angèle…);
Ce tableau, chef d’œuvre de l’impressionnisme
est débordant de bonne humeur, de joie de vivre,
et de « vin plaisir »…

« Le déjeuner
des canotiers » 1881 de Pierre Auguste Renoir
La
peinture et le vin du travail
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Henri Vincenot , parle bien de ce «
vin paysan » de ce « vin des travailleurs »
: la piquette…comme l’appelait son père,
mais aussi ce « vin à trois » …car
il fallait être trois pour le boire « celui
qui buvait et les deux autres pour le tenir »…et
ce « vin de femme » un vin cuit, fabriqué
par les femmes qui était aussi appelé «
la goutte des femmes »…
C’est la boisson réconfortante, après
les durs travaux comme dans « Les repasseuses »
d’Edgar Degas, et dans « Les raboteurs de parquet
» de Gustave Caillebotte , des travaux aussi durs
méritaient bien une pause vin …

« Les raboteurs de parquet
» de Gustave Caillebotte
Après le travail…l’instant détente
avec ces « Joueurs de cartes » de Paul Cezanne,
peint au Mas de Bouffan , ou ces deux ouvriers agricoles
du domaine familial, jouant aux cartes, la bouteille placée
au centre de la table comme propriété commune
aux deux joueurs, elle sert de pivot au tableau…

« Les joueurs de carte
» de Paul Cézanne
La
peinture le vin et l’artiste haut
de page
Opposé au vin gaulois du rire, le
vin de l’artiste est plutôt triste et souvent
fatal. Il est pour certains, inspirateur de génie
et pour d’autres, destructeur…
Mais il peut-être aussi, humoristique,
comme chez Daumier avec son « Amateur de Bordeaux
» qui montre un malade en extase devant sa potion
médicinale, un verre de Château la Mission-Haut-Brion
ou comme « La malade » de Felix Vallotton où,
un litre de vin blanc accompagne une carafe d’eau
et une fiole de médicament sur la table de nuit…
Modigliani
Toulouse-Lautrec
« Le vin a nui à beaucoup
d’entre nous. Daumier, par exemple, en buvait trop
: quel grand maître il aurait pu faire sans cela.
» disait, Paul Cézanne.
Pensons à Modigliani, Toulouse-Lautrec, Nicolas de
Stael et bien d’autres partis trop tôt…
Nous avons en tête les images de ces artistes accrochés
au goulot de leur bouteille…Van Gogh assis sur un
trottoir d’Arles, Modigliani avalant une lampée
de vin entre deux coups de pinceau, Bacon titubant le soir
dans son atelier…
Picasso , avait une méthode très
personnelle …Après une nuit trop arrosée
et un coucher au petit matin…il faisait pour se remettre,
un exercice : Il posait une pomme, une bouteille et un verre
sur une sellette et peignait…..puis l’effaçait
au blanc…et allait déjeuner.
La bouteille, le verre de vin, le pain…..accompagnés
de tous les objets symboliques….sont sans conteste
la grande source de création des artistes peintres,
depuis les Ecoles Flamande et Hollandaise jusqu’aux
Surréalistes…..
Le Cubisme est bien représenté avec Picasso,
Braque, Gris, Metzinger …….puis Morandi …
Des artistes peintres prêtent leur
talent, auprès des Châteaux ou des Négociants
des vins de France….
Le Château Mouton- Rothschild en est un exemple…..
Rien n’est trop beau pour habiller
le vin
Dès 1924 l’artiste peintre
Jean Carlu a créé la première étiquette
pour le Château Mouton –Rothschild ; en 1955
Jean Carzou ;1958 Dali ; 1969 Joan Miro ; 1970 Chagall et
en 1973 Picasso (l’année de sa mort)
Depuis 1945, les œuvres des peintres une fois utilisées
pour l’étiquette étaient aussitôt
archivées à Mouton-Rothschild. En 1981 Philippine
de Rothschild eut l’idée d’exhumer ces
trésors cachés pour en faire une exposition
intitulée :
Mouton-Rothschild,
l’Art de l’Etiquette
Conclusion
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de page
Il faut souligner l’importance et
la vitalité du vin dans le monde à travers
les époques. Il a toujours eu des admirateurs et
des critiques. Les Dieux et leurs cortèges de Légende,
ont inspiré tout au long des siècles, les
artistes, écrivains, poètes, sculpteurs et
peintres…
Je n’ai abordé dans cet exposé qu’une
infime partie de ces représentations et je vous laisse
à vos propres découvertes et à vos
rêveries , ces moments précieux où vous
vous arrêterez devant des tableaux et rechercherez
les petits détails symboliques qui vous rappelleront
le vin, la vigne …
« Cette allégorie
des cinq sens »
Ce pouvoir du vin se retrouve à l’échelle
de la création picturale. L’atelier rouge de
Matisse, met en scène cette contamination, la couleur
du vin rouge contenu dans le verre s’étend
à l’ensemble de l’atelier, qui est pour
le peintre le lieu de la création….. Les vendanges
de Raoul Dufy, les natures mortes de Pablo Picasso, ou encore
les jolies scènes galantes de Nattier, représentent
tout le symbolisme du vin dans la peinture.
Charles Pomerol
disait
« Les vins, comme les toiles de maître, ne sont
pas affaire de science mais d’art »
Pour clore cet exposé on pourrait
paraphraser Saint-Exupéry, en demandant à
tous ces peintres……
«
S’il vous plait, dessinez –moi, un Mouton………..Rothschild
»